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AU COEUR DE TRÔO LA GALERIE DE LA TERRASSE
La galerie Martin-Bérard, située au cœur du village millénaire de Trôo, présente, quatre à cinq fois l'an, des artistes de talent, renommés ou non, choisis pour la qualité et l'originalité de leur œuvre, qualités graphique et picturale, certes, indispensables, originalité, bien sûr - il ne s'agit pas d'exposer l'œuvre de copistes - mais aussi pour leurs qualités profondes, leur sincérité, leurs passions ou leurs amours, leur engagement, leurs discours, qu'ils plaisent ou non, mais qu'on en dispute sans demeurer indifférent. Le choix des artistes est subjectif. Jean-Paul Martin et Patrice Bérard travaillent de conserve et en toute intelligence ; les décisions sont prises collégialement ; l'engagement des galeristes doit se situer au même niveau que celui des artistes afin de les représenter. Car pour parler d'une œuvre, il faut la connaître et être pénétré du désir de s'exprimer de l'artiste, que l'élaboration et la confection de l'image, de la forme, rendent, à l'envers, par le medium utilisé, autiste. L'œuvre parle mais elle est silencieuse. Elle a besoin de mots, elle a besoin de soutiens, non pour s'habiller, mais pour se comprendre. Le parcours de l'artiste doit se poursuivre dans la galerie où son œuvre est présentée. Dans l'image, il y a toujours plus loin que l'image qui n'est pas qu'une simple représentation du réel ou de l'imaginaire. Ainsi le visiteur, l'esthète ou le curieux, l'amateur - il n'y a rien de péjoratif dans ce mot qui signifie celui qui aime -, le promeneur, le badaud auront-ils toujours de quoi combler leurs yeux, tantôt baignés du paysage de la plaine du Loir qui s'étend à leurs pieds, tantôt sollicités par les habitations troglodytes, tantôt accrochés aux œuvres exposées. On n'en doit pas douter. Un artiste se déshabille devant le regard des autres. S'exposer, c'est se montrer au grand jour. S'exposer, c'est se soumettre au jugement, aux quolibets comme aux compliments. Les uns comme les autres ne sont pas faciles à recevoir. Ce sont pour certains des souffrances, pour d'autres des tourbillons de joie. Et combien d'interrogations, combien de doutes auront habité l'artiste, sur son art, sur son talent, sur son discours, sur la traduction intime de ses émotions… Et si j'avais mieux fait, et si j'avais fait autrement… L'œuvre est le miroir de l'artiste, un miroir narcissique qui se nourrit du regard du public qui doit couler fluide le long des cimaises. La galerie Martin-Bérard, c'est un défi, un pari, une gageure. Un défi lancé aux capitales pour lesquelles l'art n'est trop souvent considéré que sous le seul angle de la spéculation. Et l'artiste derrière ces ors, où est-il ? Un pari sur une région, sur un village au nom bizarre - vous avez dit Trou ? -, apprécié par ceux qui le connaissent pour la qualité de la vie que l'on peut y mener, sans voitures, des chemins piétonniers, un habitat hors du commun. Une gageure enfin. Laquelle ? Allez savoir.. Venez nombreux !
Patrice Bérard
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